La lenteur

La lenteur. Un bijou de roman. Loin de son merveilleux classique, encore sur ma pile de livres à lire, L’insoutenable légèreté de l’être.

Lent, comme promis. Tendrement onirique. Des mots qui s’agitent doucement, poussés par une voix unique, un regard brillant.

 »  » Un roman ? » demande-t-elle angoissée. J’incline la tête.  » Tu m’as souvent dit vouloir écrire un jour un roman où aucun mot ne serait sérieux. Une Grande Bêtise Pour Ton Plaisir. J’ai peur que le moment ne soit venu. Je veux seulement te prévenir : fais attention.  » J’incline la tête encore plus bas.  » Te rappelles-tu ce que te disait ta maman ? J’entends sa voix comme si c’était hier : Milanku, cesse de faire des plaisanteries. Personne ne te comprendra. Tu offenseras tout le monde et tout le monde finira par te détester. Te rappelles-tu ? – Oui, dis-je. – Je te préviens. Le sérieux te protégeait. Le manque de sérieux te laissera nu devant les loups. Et tu sais qu’ils t’attendent, les loups.  » Après cette terrible prophétie, elle s’est rendormie. «