La maison du retour

 

Durant les douces années en librairie, une cliente a exigé le plus gentiment du monde que je lise ce roman par ce monsieur dont je n’avais jamais entendu parler, n’en déplaisent aux gens mieux informés de ce monde.

Entre les pages de La maison du retour, il y a ce bon vieux Virgile et sa poésie, une nature splendide, des mots grandiloquents allongés simplement entre un verre de Bordeaux et un crapaud bleu. Il y a le narrateur, journaliste, de retour d’une captivité forcée de trois ans au Liban, qui cherche ce qu’ il est devenu et qui cherche le bonheur de vivre, lentement. La lenteur, ce luxe que seul l’intellectuel bien nanti peut croire à la portée de toutes les âmes blessées, fatiguées, exsangues de quotidien, d’épreuves, de fins sans espoir de printemps, lce dans la lenteur est offerte au lecteur avec générosité, comme on partage un repas avec des amis intimes. Le narrateur refuse la fatalité, le conformisme, la victimisation. Élégante, la joie de vivre de Jean-Paul Kauffmann!

Comme la lande de Gascogne, dure et sèche, ressemble à un nuage confortable où il fait bon respirer, vivre, laisser aller dans ce roman à découvrir plus tôt que tard…

 

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